juillet 22, 2008
L’été 2007 marque l’éclatement de la crise des crédits dit « subprime » crédits à risques. Les banques, (pas seulement américaines) ont beaucoup souffert. Le taux de défaillance de ces crédits à risque est d’environ 30%. Ça veut dire quoi ? Simple : 30% des emprunteurs n’ont pu rembourser leur prêt. Ce qui est beaucoup. Mais qu’en est-il des 70% restants ? Peuvent-ils connaître une défaillance de paiement ? La réponse est clairement oui, d’autant plus que la croissance économique connaît un coup de frein, les prix comme les taux d’intérêt augmentent. Le taux de défaillances de paiement sur les crédits « subprime » risque donc de se poursuivre. Pour autant les banques ont prévu la parade : elles ont provisionné (mettre de côté) de l’argent pour faire face à ses défauts de paiement éventuels des souscripteurs de crédits « subprime ». Peut-on dire alors que les crédits subprime ne représente plus un danger ? On peut presque le dire aujourd’hui, mais le danger n’est pourtant pas écarté. Ce danger peut surgir de nouveau type de crédit appelé « Alt-A ». Quelle différence avec les crédits « subprime » ?
Les crédits dit « Alt-A » sont des prêts à taux fixe que l’on accorde à des emprunteurs qui n’ont jamais eu de défaut de paiement. Bref, leur historique financier doit être irréprochable. Par contre le revenu de l’emprunteur n’est pas pris en compte. Là est le risque de ces types de crédits qui sont certes bien moins risqués que les « subprimes » (où aucun historique financier ni de justification de revenu ne sont demandés) . Où est donc le danger ? C’est que la conjoncture économique aux USA (et dans le monde) s’est fortement dégradée : le chômage augmente, les affaires sont plus difficiles, la hausse des prix laminent le pouvoir d’achat des ménages. Et ceux qui ont souscrit des crédits « Alt-A » commence à connaître des difficultés de remboursement. Certes le taux de défaillance actuel de 1% reste relativement faible, mais la banque centrale américaine a signalé une très forte augmentation des problèmes de remboursement. Et si la conjoncture économique continue à être aussi mauvaise, on peut se douter que le taux de défaillance des crédits « Alt-A » va suivre la tendance des crédit « subprime ». Quel est l’ampleur du danger ? L’agence de notation Fitch estime le montant des prêts “Alt-A” émis entre 2005 et 2007 dépasse les 600 milliards de dollars.
Aucun commentaire » |
finance |
Permalien
Publié par jf66michel
juillet 17, 2008
Comment savoir qu’une entreprise, un Etat, une collectivité locale, une institution publique respectera l’échéance du remboursement de ses emprunts ? Cette question n’est pas innocente, car les prêteurs, quels qu’ils soient, ont besoin de connaître la solvabilité et la santé financière de ceux à qui ils prêtent. Ce besoin est assuré par des agences (privées) qui donnent une note. Cette note reflète la santé financière de l’entreprise, d’un Etat, ou, de titres financiers. Par exemple l’agence de notation Moody’s (fondée en 1909 par John Moody’s ) attribue le note « AAA » pour les emprunteurs en excellente santé financière. La plus mauvaise note étant « C ». Ainsi les investisseurs savent à quoi s’attendre. Bien entendu avoir une très bonne notation permet beaucoup plus facilement d’attirer des investisseurs et de financer des projets de développement, ou, pour les Etats et autres instituts publics de trouver des souscripteurs pour leurs obligations (titre de créances donnant lieu à un intérêt). Pour les banques, une très bonne notation permet de mieux vendre leurs produits financiers auprès de leurs clients (souscripteurs).
Les agences de notations sont donc au cœurs du système financier mondial et permettent d’établir une certaine confiance entre prêteurs et emprunteurs. Pour illustrer, le système de notation se fonde sur le même principe que la norme de qualité ISO 2001, sauf qu’ici il s’agit de la qualité de la situation financière. Dans le monde les 3 grandes agences de notation (2 américaines et une française) « Moody’s, Standard&Poor, et FitchRating) détiennent 80% du marché de la notation financière dans le monde.
Aucun commentaire » |
finance |
Permalien
Publié par jf66michel
juillet 16, 2008
C’est le dépôt de bilan qui menace chez le constructeur américain GM. La hausse continue du prix du carburant a fortement changé la donne sur le marché de l’automobile aux USA. Les gros 4×4 et autres « pick-up » gourmands en carburant (modèles phares qui assurent une grande part du chiffre d’affaires et surtout une rentabilité confortable) voient leurs ventes s’effondrer brusquement : moins 25% pour l’année 2007. Le marché automobile américain a chuté de 21% selon le cabinet Autodata. Et cette tendance semble même s’accélérer en 2008. Conséquence : restructuration draconienne est brutale. 4 usines GM vont être fermées, la marque « Hummer » est à vendre ou, à défaut, sera purement liquidé.
Le marché de l’automobile réclame des véhicules sobres en consommation, donc favorise les petits modèles et les modèles hybrides. Toyota, le N°1 de l’automobile l’a bien compris : les 4×4 seront délaissés et les véhicules hybrides deviennent la priorité. Le modèle phare de Toyota, la « Prius », vendu à plus de 1 million d’exemplaire et produite jusqu’à présent exclusivement au Japon, le sera aussi aux USA (A ce propos que font nos constructeurs hexagonaux ?!).
La restructuration ne concerne pas seulement GM, mais aussi les 2 autres gros constructeurs américains: Ford et Chrysler.
Une restructuration coûte très cher en termes financiers. Un laps de temps est nécessaire avant que les fruits (10 milliards de $ d’économie estimée) puissent être récoltés. Ainsi GM doit faire face à 35 milliards de $ de dette (qu’il faut bien rembourser). Le constructeur affirme détenir 23,9 milliards de $ de trésorerie (argent disponible en banque) et d’une possibilité de crédit de 7 milliards de $. Mais cet argent frais immédiatement disponible pour faire face aux échéances fond à vu d’œil : 5 milliards ont été dépensés au second trimestre pour assurer les coûts de la restructuration. Les analystes estiment que la trésorerie diminuera de 1 milliard de $ par mois. L’agence de notation Moody’s, a dégradé la note de GM à « B3 » ce qui atteste d’une santé financière très fragile.
Aucun commentaire » |
Entreprise |
Permalien
Publié par jf66michel
juillet 14, 2008

En France on a du mal à croire qu’une banque puisse tomber en faillite, ou, plus précisément être en dépôt de bilan. La dernière histoire dans notre hexagone est le crédit Lyonnais. Normalement cette banque aurait dû disparaître et avec elle les comptes de ses clients. Heureusement, il y a eu l’Etat français pour sauver la banque de la catastrophe ce qui sans cela aurait, sans doute, eu une répercussion terrible sur l’économie.
Mais dans les autres pays qu’en est-il ? La crise des « subprime » a plongé quelques banques, et non pas des moindres, dans la faillite. En Allemagne d’abord avec l’IKB ou la Sachsen Landesbank. En Angleterre avec la Nothern Rock. Enfin aux USA il y a la banque d’affaires « Bears Stearn » et très récemment la banque spécialisée dans l’immobilier : Indymac qui vient de se déclaré en dépôt de bilan. En fait la banque vient d’être mise sous la protection de la loi contre les faillites (le chapitre 11). C’est plus « soft » exprimé ainsi ! Et les clients alors? Rassurez-vous, il y a toujours un montant garanti. Ce montant est de 30.000 FCH maximum pour la Suisse, de 70.000 euros maximum, (sur l’ensemble des comptes) en France (Par une loi de 1999 sur l’adhésion au fonds de garantie des dépôts français). Idem aux USA. Dans le cas récent de la banque « Indymac » il y a la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’institution fédérale garantissant les dépôts bancaires, qui se manifeste.
Enfin les Etats et les banques centrales interviendront toujours pour éviter la panique des clients (par des retraits massifs d’argent :1,3 milliards de $ en 10 jours pour l’Indymac ) et protège ainsi les comptes de chacun. Par exemple l’Etat britannique a nationalisé (de facto) la Northern Rock, le Land de Saxe en Allemagne s’est porté au secours de la « Sachsen LB » en recapitalisant (en apportant de l’argent frais).
Le côté injuste c’est que la banque qui a fait de graves erreurs de gestion (comme faire des prêts douteux) n’est finalement pas sanctionnée, vu que les autorités publiques viennent à son secours. Par contre les employés, eux, paient sévèrement l’addition en subissant des licenciements drastiques (suppression de 53% des effectifs pour la banque Indymac). Mais dans le monde de la finance qui s‘en soucis ? Alors pourquoi ne pas répéter les mêmes erreurs ?
Aucun commentaire » |
finance |
Permalien
Publié par jf66michel
juin 6, 2008
Cette folle hausse du cours du pétrole depuis fin décembre 2008 est largement dû à la spéculation. Quelle est son ampleur? Au mois de juillet 2006 le prix du baril de brut était d’environ 50$. Il est de 130$ au mois de juin 2008: une augmentation de presque 3 fois. On peut ainsi mesurer l’ampleur de la spéculation. A noter qu’il n’y a pas eu de baisse de la production due à des évènements climatiques ou politiques. Enfin à cette période de l’année, au printemps, le climat est relativement doux et la demande de pétrole traditionnellement faible.
Compte tenu de l’évolution de la croissance mondiale sur une année (plus faible compte tenu de la crise financière et du spectres de récessions aux USA) la demande de pétrole destinée aux besoins consommations devrait établir le prix à environ 60$ le baril.
Comme quoi, même si elles en profitent, les responsables ne sont pas à chercher chez les compagnies pétrolières.
Aucun commentaire » |
Pétrole et matières premières |
Permalien
Publié par jf66michel
juin 1, 2008
C’est bien officiel, enfin les professionnels du secteur immobilier admettent la baisse assez forte des prix des logements. Le recul serait de - 4% en 2008 et de - 6% en 2009, selon HSBC.
En fait ce n’est pas vraiment une surprise. Pourquoi ? Depuis 2000 les prix de l’immobilier ont augmenté de 150% environ, le pouvoir d’achat, lui, a plutôt stagné. Enfin ajoutons une forte augmentation des taux d’intérêt à environ 5%. Il y a donc un moment où ceux qui avaient les moyens d’acheter ont acheté. La demande va donc drastiquement se réduire et les problèmes de surendettement des ménages augmenter. Un effet dangereux pour le marché immobilier. Le scénario de l’effondrement des prix est plus probable que la fameuse thèse de l’atterrissage en douceur des prix.
Mais ceux qui sont déjà propriétaire ne peuvent-ils pas bénéficier de cette hausse (un effet richesse) pour acheter un meilleur logement ? Le problème est qu’il faut vendre son logement. Cela paraît simple ? Les compris de vente, eux, se signent relativement facilement ? Sauf qu’un compromis de vente n’est pas une vente. Cela ne garanti pas que le chèque sera là. Bien souvent l’acquéreur doit, lui aussi, vendre son logement pour pouvoir amener ce chèque. Bref c’est comme une cascade de ventes. C’est pour cela qu’en moyenne les ventes (moment où l’annonce est déposée et le chèque encaissé) dépassent l’année. Il y a beaucoup moins de transactions, elles prennent plus de temps à se réaliser. Bref le marché devient « visqueux ». Signe que la baisse des prix va être plutôt brutale, comme il semble être le cas, et se poursuivre encore 2 ou 3 ans (à condition que les taux d’intérêt d’emprunt n’augmente pas non plus).
Aucun commentaire » |
Immobilier |
Permalien
Publié par jf66michel
mai 31, 2008
La fusion entre les entreprises, surtout les grosses, est devenue une généralité. Pourquoi? Diminution des coûts par effet d’économie d’échelle (baisse des coûts unitaires avec l’augmentation des quantités produite et vendu) ou par effet de synergie.
Pourtant le résultat final est loin d’être toujours probant. Il suffit de voir le divorce entre Daimler et Chrysler, les difficultés de HP en absorbant Compaq (et qui a valu le limogeage de sa PDG) et enfin les difficultés sans fin d’Alcatel en fusionnant avec son homologue américain “Lucent”: 3,5 milliards de pertes en 2007, un premier trimestre 2008 dans le rouge. Enfin “une casse” sociale importante: 1.400 suppressions d’emploi en France, 10 fois plus dans le monde. Rien ne semble y faire! Pourquoi?
Parce que l’entreprise est faite d’hommes et de femmes. Une fusion est un choc : choc de culture, de pratique de travail… Enfin il y a la peur, l’incompréhension qui amène à un repli sur soi, à un étouffement des initiatives, de la créativité. Des compétences se perdent par les démissions. Certes Alcatel souffre d’un positionnement sur un marché très concurrentiel. Mais il semble que l’entreprise ait perdu ceux qui pouvaient trouver la solution pour s’adapter.
Cela montre que le mode de pensée selon laquelle « personne n’est indispensable » est en train de se retourner contre ceux qui l’adoptent.
Aucun commentaire » |
Entreprise |
Permalien
Publié par jf66michel
mai 25, 2008
Fin mai, voilà le baril de pétrol à 136$ le baril!! Mais quel prix va t-on atteindre d’ici 5 à 10 ans? Un baril à 400$ comme semble se négocier les contrats à terme sur 5-10 ans? Pas si sûr! Le prix de baril de pétrole pourrait se stabiliser sur le long terme. Pourquoi?
D’une part, les consommateurs (la demande) vont s’adapter. Comment? En cherchant une alternative au pétrole: sur la consommation des voitures (voitures électriques, voitures hybrides, moteurs économiques), la production d’électricité (la relance du nucléaire, les énergies renouvelables…) et enfin le recyclage et plastiques sans pétrole.
D’autre part l’offre, elle, va être encouragé: à 136$ le baril voire même plus, de nouveaux gisements à l’extraction complexe, deviennent rentables (les schismes bitumeux du Canada, les réserves offshores du Brésil…).
Donc avec à moyen terme, la consommation de pétrole (même avec l’émergeance de la Chine et de l’Inde) va baisser et l’offre, elle ,va au pire stagner au mieux s’accroitre un peu.
Conclusion: nous aurons une stabilisation des prix du baril de pétrole. A combien. Cela dépendra de la rapidité de l’adaptation de la demande (consommateur) au pétrole cher. Pour le moment le choc est violent. Mais parier sur un pétrole à 400$ d’ici 5-10 ans est, à mon avis très hasardeux.
Aucun commentaire » |
Pétrole et matières premières |
Permalien
Publié par jf66michel
mai 10, 2008
Le déficit commercial français atteint 4,7 milliards d’euros, en mars 2008 après 2,8 milliards en février et se monte à près de 40 milliards d’euros en 2007.
Annoncer des records de déficit du commerce extérieur français devient presque une habitude. Pourquoi ? Est ce dangereux pour notre pays ?
Certes il y a l’augmentation du prix du baril du pétrole qui gonfle les importations. Mais la cause principale est la baisse de nos exportations. Elles ont nettement reculé en mars par rapport au mois précédent. Cela montre t-il que nos entreprises ne sont pas suffisamment compétitives ? Oui et non. Disons qu’elles savent mal exporter en général, comparé par exemple aux entreprises allemandes. Notre tissu industriel manque de grosses et moyennes PME exportatrices.
Grâce à l’appartenance à la zone euro, ces déficits commerciaux ne sont pas, en soi, bien grave. Cependant il indique que notre tissu industriel n’est pas au mieux de sa forme. Cela ne veut pas forcement dire un manque de compétitivité. Simplement la structure de ce tissu industriel n’est pas très bonne. Par exemple : nous avons des champions nationaux principalement, les grands groupes du CAC40. En face nous avons de nombreuses petites PME qui souffrent de délais ou de retards de paiement de leurs clients, du manque de capital pour investir, un durcissement des conditions d’octroi de crédit des banques…
Aucun commentaire » |
Economie mondiale |
Permalien
Publié par jf66michel
mai 3, 2008
La côte de popularité du chef de l’Etat reste basse (38% de satisfait, même après son intervention téléviser pour convaincre les français. Est-ce donc à dire qu’il n’a pas convaincu? Certainement. Pourtant il est de notoriété publique que Nicolas Sarkozy est un excellent communicateur. Ne le serait-il donc plus du tout? Aurait-il perdu cette faculté qui a fait son succès durant 5 ans au ministère de l’intérieur et ensuite dans la campagne prédidentielle de 2007 ? Indépendemment de toute prise de position politique (UMP, PS, Modem …), et ce n’est pas le but ici, que s’est-il passé?
Sarkory est victime de la loi impitoyable de l’image de la crédibilité. Qu’est-ce que ça veut dire? Si votre image est négative, quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez, tout sera perçu (parfois à tort certes) de façon négative par ceux à qui vous vous adressez. Cela ne concerne pas seulement Sarkozy mais tout le monde. Malgré des efforts de communication intense et des efforts réels, Renault est toujours perçu comme fabriquant des voitures ayant des problèmes de qualité. Et pourtant! Savez-vous que la logan est la voiture championne du monde de la qualité! Dans un autre registre, un prof sympa avec ses élèves en cas de problème d’autorité aura toute les peines du monde à ramener la dicipline. Et les élèves ne comprendront pas.
Cette “loi” sur l’image, la crédibilité est donc applicable dans tout les domaines. Elle est d’autant plus importante quand on veut faire bouger, changer les choses et réformer. Si votre image est négative, les resistances seront très fortes et vous ne pourrez rien faire, sauf à provoquer des protestations, des grèves…
Sarkozy a été victime de sa stratégie de communication qui a fait son succès: changer les choses et le prouver par les résultats. En tant que candidat, ce fut une bonne stratégie. En tant que président les électeurs regardent le concret au quotidien. Les choses ne se sont pas améliorées, c’est même pire. Donc la perception est: Sarko = menteur, même si la réalité est à nuancer (c’est vrai que le contexte économique international est mauvais) ou différente.
Est-ce que la popularité de Sarkozy pourra remonter? Les choses risquent de s’empirer (malgrè lui) s’il essaie de réformer. Ne rien faire? Ce n’est pas dans sa nature. Position difficile donc. Il faudrait un évenement extérieur fort où il pourrait rebondir. Pour Jacques Chirac se fut son opposition à la guerre en Irak, et la cohabitation en 1997 (comme quoi la dissolution fut une bonne idée). Mitterrand: la première guerre en Irak (en 1991) et les 2 cohabitations (1986 et 1993).
Aucun commentaire » |
Politique |
Permalien
Publié par jf66michel